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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 10:39

Sortie du 2 octobre sur la commune de Saint-Etienne de Tinée organisée par France Nature Environnement. Plusieurs membres de Vigilance étaient présents.

Balade commentée (piste de l’eau à partir de la borne 20).

Enjeux sur le pastoralisme en montagne : Les troupeaux sont menés en montagne de plus en plus tôt et monte de plus en plus haut de par le contexte de réchauffement climatique ; cela a un impact sur la flore des pelouses alpines qui a du mal à effectuer son cycle et sur les insectes qui ont moins d’habitat. Les déjections en masses dérangent la faune et impacte la qualité de l’eau. Le déplacement des troupeaux accélère l’érosion des sols car les bêtes empruntent plusieurs sentes en dehors du chemin.

Au sein des parcs nationaux, le pastoralisme est autorisé. D’un troupeau moyen à 600 têtes on passe, de nos jours, à des troupeaux de 3000 têtes. En Haute Tinée on compte 20 élevages ; il y a plus de moutons que de faune sauvage. Une des solutions pour une cohabitation avec l’ensemble des écosystèmes de montagne, serait de mettre en place de quota de bêtes par alpages mais le parc n’est que gestionnaire et c’est le propriétaire des alpages qui décide.

Explication du programme Prédateur-Proies (2008-2012 : Ce programme a été conçu pour analyser « l’impact » du loup sur les populations d’ongulés (chevreuil, chamois, cerf, mouflon). Les chasseurs ont collaboré au départ (car c’était eux les demandeurs à travers l’ONCFS) puis ce sont retirés lorsque les résultats intermédiaires ont démontré l’absence d’impact sur ces proies.

Il aurait fallu continuer ce programme au moins 4 à 5 ans pour équiper plusieurs loups et continuer les analyses sur les proies. Ensuite le Préfet a arrêté le programme. C’est le 1er programme de ce type en France. Les données éthologiques n’ont pas été exploitées. Au total ce fut furent 4 loups qui ont été équipés de balise (poids : 600g) avec un suivi sur 6 à 8 mois. La durée de la pile de la balise est d’une année. Au bout d’une année le collier se détache automatiquement. Il se trouve que la dernière louve équipée a été retrouvée morte (braconnage) avec le collier arraché 6 ou 8 mois ensuite.

Le protocole ONCFS préconisait un loup à la fois ce qui était trop peu ; il aurait fallu équiper plusieurs loups à la fois afin de pouvoir récolter les données durant toute une année.Dès que le loup est piégé, 30 minutes après les agents du parc viennent, l’endorment - afin de lui poser le collier équipé de balise GPS en lui évitant du stress - et font des prélèvements pour des analyses génétiques. Il est précisé que dans cette posture le loup n’est pas du tout agressif il se soumet à l’homme. Les agents suivent son réveil. Ce programme a permis d’équiper deux loups par pièges à terre et deux loups par hélicoptère (avec une équipe suédoise venue en plein hiver). Avec les données et le suivi GPS, les agents allaient récupérer les carcasses laissaient par les loups pour tenter de savoir si l’animal capturer était malade. Mais les données étaient difficiles à obtenir car ils ne laissent pas beaucoup de la carcasse. Biologie du loup : Le loup a un territoire de 400 à 200 km2 en fonction de la densité de population. Il peut avoir entre 2 à 8 petits et la meute est constituée de 2 à 12 individus. Ils mettent bas à un endroit à couvert en fonction de la tranquillité de l’endroit. Ils ont plusieurs tanières plus ou moins confortables. Le comportement du loup s’est modifié : il est devenu plus nocturne à cause de l’homme dont il a peur. Chaque nuit il parcours environ 10 kms. Les loups viennent souvent en fond de vallée.(surtout à la mauvaise saison et aussi parce que leurs proies font de même) Question sur l’hybridation entre un loup et un chien : la peur de l’homme est la même lorsque le « loup » est un hybride. Les gênes du loup sont assez forts et vont reprendre le dessus assez rapidement dans les descendances loup/chien Le loup aime beaucoup les sentiers en corniche comme celui sur lequel nous sommes car il a une bonne visibilité ce qui lui permet de chasser en dépensant le moins d’énergie possible. Ils chassent en meute.

Gérard (accompagnateur) nous montre une crotte de loup : celle-ci est constituée de poils (qui améliorent le transit comme des fibres) et de petits os. La présence du loup n’a aucun impact quantitatif sur les ongulés mais sa prédation va entrainer une dispersion des proies ; ainsi les impacts sur les jeunes arbres (et les pelouses) seront moindres car les ongulés seront plus dispersés. Les végétaux subiront également beaucoup d’impacts. Pour délimiter son territoire, le loup à 3 types de marquage : - sous les pattes il a des glandes qui laisse une odeur - l’urine - les crottes Sur le Mercantour on dénombre 8 à 10 meutes de loups composées en moyenne de 5 loups. Socialement la meute est organisée avec un mâle et une femelle dominante qui se reproduiront. Lorsque les jeunes migrent sur un autre territoire c’est là qu’ils sont en danger car ils sont seuls pour chasser. Le tir n’est pas une solution de cohabitation ; il déstructure les meutes si c’est le mâle dominant qui est mort. Depuis le retour du loup les habitudes des bergers sont modifier car ils doivent mettre en place des mesures de protection avec des chiens et des filets pour la nuit notamment. En France les élevages sont en majorité pour la filière viande alors qu’en Italie , où la cohabitation avec le loup semble parfois plus acceptée, ce sont majoritairement des élevage laitier qui nécessité une traite le soir et donc de rentrer automatiquement les moutons. L’enjeu clef est le dialogue avec de l’écoute entre toutes les parties prenantes. Gérard précise également que les troupeaux sont amenés en altitude l'été par commodité, faute de gestion ad hoc du foncier agricole dans les zones de campagnes

Visite de l’éleveur laitier Hugues Fanouillère Présentation de l’exploitation : C’est une exploitation de 65 bêtes (race lacaune) qui produit, transforme et vend sur place . Hugues est un exploitant résident à l’année ; il est venue pour la première fois en 1995 et à commencer avec un éleveur de chèvres ce qui lui a permis de bien s’intégrer. Ces bêtes entretiennent ainsi le fond de la vallée sur 20 hectares ; il ne va pas en alpage. Il travaille en couple et vit correctement de ses produits laitiers et de la vente des agneaux. Il y a sur le territoire une demande forte de produits locaux. Le fait de réduire au maximum les intermédiaires permet d’assurer un meilleur modèle économique. Il complète l’alimentation de son troupeau par du foin qu’il achète Localement. Il a besoin de 35 tonnes de foins par an soit un coût de 10 000€. Il n’a pas de label car le foin n’est pas certifié. Il priorise sur le local. Il souligne la nécessité de penser à la reprise de l’exploitation avec plusieurs modèles possibles. Enjeu avec la présence du loup : Il a subi une année (il y a 4 ans) une attaque de loup avec 4 brebis égorgées et une consommée. Cela a déclenché derrière beaucoup de contrôles administratifs. Il a un chien type Patou et des filets de protection. Cette année il n’a pas subi d’attaques. Cohabiter avec le loup c’est possible mais il précise que cela n’est pas facile.

 

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